Troubles de la citoyenneté et malaise identitaire en Europe.
L’Union européenne ayant marqué un progrès dans son organisation et ses instruments de décision, l’attention des responsables politiques et du public doit se porter sur les vrais problèmes, ceux qui touchent les domaines sensibles des identités. L’indépendance du Kosovo nous incite à cette réflexion.
La citoyenneté dans la civilisation des États-nations
L’Homme du début du XXe siècle se recevait comme un « citoyen » du pays où il était né ou qu’il avait choisi par immigration. Il savait qu’à l’intérieur du cocon national, il avait des droits et des devoirs et il se sentait lié par des sentiments forts de solidarités qui ont été jusqu’au sacrifice de sa vie dans les guerres. La nation – on disait plutôt la « patrie » - était exigeante mais elle traitait toutes les questions de relations de puissance et aussi de recherche de confort, liées à la vie intérieure et aux échanges avec le voisinage. Les frontières étaient sous contrôle. Elles protégeaient par une perméabilité « régulée » contre les excès de la circulation des personnes, des biens, des idées et de l’argent. À l’intérieur les personnes avaient le sentiment d’être en proximité, solidaires et il leur était naturel de respecter certains devoirs. Un pouvoir de référence s’exprimait au niveau de l’État qui n’était pas sans rappeler l’ancestral pouvoir paternel dans une famille.
La citoyenneté dans la civilisation des réseaux
Avec le XXIe siècle, la situation change du tout au tout lorsque les progrès de la communication viennent abaisser les frontières sans qu’il soit possible – et de loin – de réguler les flux d’échanges tant dans les domaines de la connaissance des idées, des services et de l’argent que dans celui de la circulation des personnes et des biens. Le cocon protecteur est percé. La concurrence pour la production et la diffusion des biens et des services devient mondiale. La notion d’État protecteur s’efface et le concept de citoyenneté doit être revu dans l’abandon d’une grande partie de l’activité des filtres que constituent les frontières.
Le « citoyen européen » dans la crise actuelle.
Un européen du XXIe siècle est un citoyen du monde lorsqu’il considère ses responsabilités au regard de grands phénomènes dont le réchauffement climatique est un exemple emblématique. Il est un citoyen européen lorsqu’il applique les directives de l’Union européenne. Il se situe néanmoins - le plus souvent fortement – comme un citoyen de sa nation d’origine.
Troublés par cette multiplicité d’appartenances qu’ils hiérarchisent difficilement nos contemporains tendent à se retourner vers une citoyenneté régionale faite de traditions et de coutumes locales au point d’aller parfois jusqu’à la revendication d’une autonomie politique reconnue. Perdus aujourd’hui dans cette complexité des citoyennetés, les européens restent attachés à la simplification que donnait la seule considération du lien national car ils ne sont pas pénétrés par l’idée que les questions cruciales sont dominées par leur dimension planétaire et que, sauf rares exceptions, aucune d’entre elles ne trouvera de solution à l’échelle d’un État isolé.
Les politiques ne peuvent pas être seuls les tuteurs…
L’Union européenne a donc besoin d’une forte assistance pédagogique pour faire comprendre à ses ressortissants les mutations qui sont intervenues dans l’humanité. Il est nécessaire que les responsables politiques examinent avec soin dans quelle mesure leurs décisions peuvent violer les diversités culturelles et en parallèle, ils ne pourront se dispenser de mettre en œuvre une stratégie de symboles, d’hymnes, de drapeaux, de fêtes et de dialogues pour « faire aimer » l’Europe.
Ces souhaits resteront cependant vains si les citoyens de l’Union ne réfléchissent pas à leurs responsabilités et à leurs engagements personnels. Chacun devra faire un effort pour discerner son rôle et apporter sa contribution au changement qu’exige l’adaptation au monde en émergence. Les responsables politiques ne peuvent pas être seuls les tuteurs de cette mutation ! Ils sont limités par l’extraordinaire complexité des phénomènes socio-économiques devant lesquels ils ne sont pas tellement mieux armés que ne l’étaient les médecins de Molière. Ils ne pourront rien faire sans un consensus général.
Note : la version intégrale de ce texte est disponible, sous le même titre, dans les « dossiers ».



12 réponses pour le moment ↓
1 Dalziel // 4 March 2008 Ã 3:33 pm
L’Europe est cuite. Il lui manque trois choses:
1. un ennemi contre lequel se ferait l’unanimité
2. des Européens
3. une fierté identitaire
1. elle a été trop trouillarde pour remplacer le communisme par l’Islam, en tant qu’élément “coagulant”
2. être citoyen européen est le résultat d’une démarche intellectuelle, alors que le vrai patriotisme réside dans les tripes.
3. l’Europe politiquement correcte n’ose pas affirmer la supériorité culturelle, dont témoigne son patrimoine
Avec un tel (triple) handicap, on ne va nulle part. Si ça peut vous rassurer, même pas dans le mur
2 Piotrek // 4 March 2008 Ã 3:34 pm
Pour reprendre vos arguments:
1. un ennemi contre lequel se ferait l’unanimité
Lerma ? (non je plaisante, bien que pas forcement d’accord avec ses positions, je le trouve utile a Agoravox)
2. des Européens
Je suis Francais, d’origine polonaise, vivant en Grece. Le belge de l’etage d’en-dessous pourra vous certifier que je ne suis pas un specimen unique
3. une fierté identitaire
Les patriotes, les supporters de clubs de foot et autres… sont ceux qui se trompent le plus facilement et qui l’admettent le plus difficilement.
1. elle a été trop trouillarde pour remplacer le communisme par l’Islam, en tant qu’élément “coagulant”
(ca fait 4 la non ?) Et le pluralisme comme element “coagulant” ? Bon je vous l’accorde, il n’existe pas d’hymne pour le pluralisme
2. être citoyen européen est le résultat d’une démarche intellectuelle, alors que le vrai patriotisme réside dans les tripes.
Sortez de votre bocal, decouvrez des cultures differentes, des facon de voir les choses differment, et pourquoi ces choses sont differentes. Avoir des tripes c’est brailler devant TF1 ou se remettre en question ?
3. l’Europe politiquement correcte n’ose pas affirmer la supériorité culturelle, dont témoigne son patrimoine
Le probleme c’est que l’on ne peut pas vraiement trancher entre la Trour Eiffel et le temple Angkor ( d’http://fr.wikipedia.org/wiki/A…)
L’Europe telle qu’on nous la pondue (un petit deal entre politiques & grosses boites) est un echec mais les europeens sont la.
Pour en revenir a l’article:
“L’Union européenne a donc besoin d’une forte assistance pédagogique pour faire comprendre à ses ressortissants les mutations qui sont intervenues dans l’humanité. Il est nécessaire que les responsables politiques examinent avec soin dans quelle mesure leurs décisions peuvent violer les diversités culturelles et, en parallèle, ils ne pourront se dispenser de mettre en Å“uvre une stratégie de symboles, d’hymnes, de drapeaux, de fêtes et de dialogues pour « faire aimer » l’Europe.”
Il faut donner envie aux gens de connaitre ses voisins, et c’est pas gagne vu comment on considere son voisin de pallier
3 masuyer // 4 March 2008 Ã 3:35 pm
Piotrek,
Ca ne fait pas 4. En fait Dalziel pose 3 postulats puis fait 3 propositions liés à ces postulats pour qu’il puisse exister “une citoyenneté européeene”.
Sa vision de la cohésion entre individus est celle de l’extrême-droite. Or au niveau européen, l’extrême-droite a tenté de créer un groupe parlementaire Identité, Tradition, Souveraineté. Las (ou pas), la belle union a volé en éclat suite à la montée de xénophobie anti-roumaine en Italie [1] [2]
D’où le constat d’échec que l’idéologie de Dalziel l’oblige à faire
4 Dalziel // 4 March 2008 Ã 3:37 pm
Masuyer, je vous parle “peuples”, vous répondez “groupe parlementaire”, et vous en déduisez “constat d’échec”, c’est très fort
Si. si, très fort, j’insiste…
Il reste que votre Europe n’a pas d’identité, que les gens qui croient à leur pays, n’accorde aucun crédit à ce mini-Machin, et que si un type se dit prêt à partir la fleur au fusil pour défendre cette fiction,
5 1984 // 4 March 2008 Ã 4:04 pm
Le rôle du citoyen européen c’est ferme ta gueule et consomme, cette europe ont nous l’a imposée par un déni de démocratie et l’ensemble de notre avenir dépend maintenant de la banque centrale, c’est dire si on est dans la merde !!! (mais si, mais si on est en démocratie, la preuve on peut votez pour des nabots tout choisit par l’empire médiatique qui ont pour mandat d’imposer l’europe des banques à leur peuples !)
6 ZORBA // 4 March 2008 Ã 4:05 pm
ENTIEREMENT D’ACCORD.CETTE EUROPE N’EST QU’UN VASTE SUPER MARCHE QUI NIVELE PAR LE BAS AU PROFIT DU FRIC.MOI MEME FRANCAIS VIVANT EN GRECE JE PEUX VOIR LE PARALLELE DES MESURES ANTI SOCIALES PRISES ICI ET AILLEURS PAR LA COMMISSION DE BRUXELLE.
ENTRE L’OTAN ORGANISATION CRIMINELLE ET SA COMPLICE L’UE,ON EST BIEN DANS LA MER….E.
QUAND AUX PEUPLES CES GENS LA S’EN FOUTENT !
CETTE EUROPE NE PEUT PLAIRE QU’A DES DOUX REVEURS OU A DE SINISTRES IMBECILES..
7 Alpo47 // 4 March 2008 Ã 4:05 pm
Comme on l’a vu lors de la récente adoption du traité/constitution européen par nos élus, cette europe là , se construit contre le voeu de ses concitoyens… Pensez vous que cela puisse continuer indéfiniment ?
L’europe à Giscard , Barroso et consorts, est une construction où le pouvoir est confisqué aux citoyens, pour se retrouver dans les mains des lobbys financiers, qui n’ont que faire des peuples européens …
Il faut regarder tout cela avec son intellect et non en se laissant guider par les émotions que cherchent à faire passer les politiques (liberté … fraternité… solidarité … libre circulation …)…. Manipulation que tous ces mots, soulevant des émotions.
Nous devons défendre une europe des citoyens, libres et responsables et non celle des financiers.
8 Seb59 // 4 March 2008 Ã 4:06 pm
“L’Union européenne a donc besoin d’une forte assistance pédagogique pour faire comprendre à ses ressortissants les mutations qui sont intervenues dans l’humanité.”
En effet, il va falloir une “forte assistance pedagogique” pour m’expliquer pourquoi la democratie ne s’applique pas à l’europe, pourquoi l’europe ne sert à rien, et pourquoi elle ne protege pas ces propres “citoyens”.
Votre europe on n’en veut pas !
9 ZORBA // 4 March 2008 Ã 4:06 pm
A PROPOS DU KOSSOVO ,J’OBSERVE QU’EN LUI OFFRANT L’INDEPENDANCE NOUS NE FAISONS QUE DU NETTOYAGE ETHNIQUE SOUS L’OEIL AMUSE DE BUCH ET DE L’INENARABLE KOUCHNER.
EN EFFET NE FAUDRAIT IL PAS EN FAIRE AUTANT AVEC LES ALBANAIS DE L’EX REPUBLIQUE DE MACEDOINE ,DE LA HAUTE SAVOIE DE LA SEINE SAINT DENIS ET POURQOI PAS DE NEUILLY.
ET AVEC CA VIVE L’UNION EUROPEENNE.QIUI VA NOUS MENER A UNE NOUVELLE GUERRE DANS LES BALKANS DES QUE LE DERNIER SOLDAT OTANOEUROPEEN SERA PARTI.
10 Le Péripate // 4 March 2008 à 4:07 pm
J’ai beaucoup apprécié le début du dernier paragraphe, concernant la nécessaire pédagogie à appliquer au citoyen européen. Enfin, apprécier, c’est ironique. Car la pédagogie et le citoyen, c’est largement un oxymoron. La pédagogie s’adresse, comme chacun sait, aux enfants. Et le citoyen est censé être un adulte émancipé. Qui donc devrait être écouté et pris en considération quand il s’exprime. Nous sommes mal partis .
11 Philippe // 13 March 2008 Ã 1:45 pm
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En espérant vous retrouver sur Paperblog, je reste à votre disposition pour toute question, remarque ou suggestion.
Bien cordialement,
Philippe
Responsable communication
philippe@paperblog.com
12 admin // 28 March 2008 Ã 11:56 pm
Je valide l’inscription de ce blog au service Paperblog sous le pseudo reveillerleurope
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