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La Pente de la Courbe !

13 March 2008 · 3 commentaires

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Automobile : les gouvernements européens s’opposent sur « la pente de la courbe »

Une proposition de décembre dernier de la Commission visant à limiter à 130 g de CO² au kilomètre les émissions des voitures vendues dans l’Union pose problème. Un premier débat ministériel, qui s’est tenu le 3 mars au Conseil Environnement, a révélé une opposition évidente entre les Français et les Allemands.

L’enjeu est écologique, mais aussi industriel. Dans la course à la réduction des rejets de CO², les petits modèles sont naturellement favorisés, et les grosses cylindrées ont un handicap. En termes de « business », cela signifie que les Français ou les Italiens sont plutôt bien placés tandis que les Allemands le sont moins. Ces derniers ont donc demandé que le niveau d’émissions autorisé soit proportionnel au poids du véhicule, ce à quoi s’opposent les Français et les Italiens.

Chacun soutenant son industrie, un débat parfaitement technocratique et byzantin s’est engagé. Il porte sur la « pente de la courbe » illustrant ce que devrait être l’évolution des rejets de CO² en fonction du poids des véhicules. Alors que la Commission fait pression pour une pente de 60%, l’Allemagne insiste pour une pente de 80%, tandis que ministre français de l’Environnement Jean-Louis Borloo a déclare qu’une pente de 60% serait très difficile à atteindre et que 30% devrait être le maximum…

Une nouvelle fois, comme c’est le cas dans bien des domaines et notamment celui du « paquet énergie », l’Europe en fait trop. Ces escarmouches confirment les effets pervers d’une approche qui prétend, les objectifs globaux étant acceptés par les États membres, imposer des objectifs intermédiaires (niveau d’économie d’énergies, ratio d’énergies renouvelables, pourcentage de bio carburants… et maintenant, ratio poids/rejet de CO2 des automobiles), sans tenir compte de la diversité des situations prévalant entre les États membres.

Il s’agit là de la part de Bruxelles d’un volontarisme rigide et d’une atteinte au principe de subsidiarité. Il aurait en effet semblé logique que la Commission laisse à chaque pays le choix des conditions technico-économiques permettant de répondre aux objectifs acceptés.
Ceci expliquant sans doute cela, plusieurs associations écologiques considèrent qu’il y a, au contraire, excès de flexibilité… Si tel devait être le cas nous suggérerions que Bruxelles aille plus loin : interdiction de construire de nouvelles de centrales au gaz ou au charbon, contingentement de la fourniture de gaz et fioul pour le chauffage, limitation des déplacements en avion et pourquoi pas, sachant que la production d’un kilo de viande pollue autant qu’un déplacement de 100km en voiture, contrôle de la consommation de saucisses !
Soyons pragmatiques. La technologie des constructeurs automobiles européens est en passe d’être dépassée par des nouveaux venus. Plutôt que de se perdre en conjectures sur la « pente de la courbe » ne serait-il pas plus urgent que l’Europe aide les constructeurs européens à faire émerger des solutions réellement innovantes ?

La Commission ne devrait-elle pas d’abord se poser la question de savoir quelles sont les sources de tout grand élan ? Quelle est la part de l’irrationnel nécessaire au dynamisme ? A voir le classicisme de nos constructeurs il semblerait bien qu’un excès de raison ait rongé leurs énergies.

En 2006, les groupes français ont réduit de 1,9 % leurs émissions de CO2 par rapport à l’année précédente. Les marques japonaises ont fait le plus d’effort en coupant de 2,8 % leurs émissions et de 5 % pour le seul Toyota.

A l’inverse, l’Allemagne reste le plus mauvais élève de la classe. A contre-courant de l’évolution générale, les voitures produites outre-Rhin ont pollué davantage (+0,6 % d’émission de CO2 en 2006 qu’en 2005). La faute à des modèles de plus en plus massifs. Ce sont en effet les constructeurs ayant le plus réduit le poids de leurs véhicules qui obtiennent les meilleurs performances.

La production de viande, mobilise plus de 60% des surfaces cultivées françaises qui elles même nécessitent l’apport de grande quantité d’engrais. Ces engrais sont à l’origine d’importants dégagements de protoxyde d’azote (N²O) un gaz à effet de serre 196 fois plus puissant que le CO2. Le bétail est en outre à l’origine de dégagement important de méthane, un autre puissant gaz à effet de serre.

Catégorie(s) : Ecologie · l'Europe Institutionnelle · Politique Industrielle · Energie et Changement Climatique

3 réponses pour le moment ↓

  • 1 Atlantis // 15 March 2008 à 4:23 pm

    c’est surtout le fait que les ministres défendent les industries de leur pays qui doit être pointé du doigt, pas l’europe elle même ici.

    Parce que que ce soit l’une ou l’autre, tous veulent plus de voitures sur les routes hein.

  • 2 Archimédron // 17 March 2008 à 9:23 pm

    L’augmentation du prix à la pompe (on a atteint les 1,50 € le litre d’essence) va forcément faire bouger les choses car les automobilistes vont rouler moins ou bien acheter des véhicules économes en carburant, donc forcément des véhicules légers qui descendent à 3 litres au 100. Le règne des SUV et 4×4 pourrait miraculeusement cesser grâce à l’envolée du prix du baril. Ah si seulement ça pouvait être vrai.

    Tout le drame de la folie suicidaire du $ystème (avec un $) c’est que consommateurs, industriels et politiques ne veulent pas cesser de rouler.

    La société s’est bâtie autour de la bagnole et c’est devenu un esclavage.

    La vraie solution n’est pas de trouver une autre source d’énergie pour faire rouler les bagnoles ou de mettre au point des moteurs moins gourmands car si un moteur consomme moins, l’usager en profitera pour rouler plus et au final, il polluera autant.

    Non, la vraie solution à rechercher d’urgence, c’est comment sevrer le monde de la drogue-bagnole, comment inculquer une autre manière de se déplacer et apprendre à se déplacer moins et mieux.

    Un travail qui devrait commencer dès aujourd’hui à l’école. Car il faudra au moins une ou deux génération pour inverser le mal planétaire qu’ fait la voiture véritable drogue dure.

    Drogue dure ? Quand je roule avec ma petite voiture en ne poussant pas les rapport pour ne pas gaspiller inutilement du carburant, je suis toujours sidéré de voir des gens me doubler et faire rugir leur moteur à fond pied au plancher, pour se faire des “sensations” (l’accélération). L’adrénaline produit une forme de plaisir. Je pense que les cons qui aiment rouler vite et, bien évidemment, outrepasser les limites de vitesse et brûler un max de carburant, sont des drogués.

    Lutter contre la pollution des voitures se heurte donc à une addiction collective devant laquelle la raison est impuissante.

    Je sais que je suis pessimiste, mais je pense qu’on n’empêchera pas l’homme de continuer à polluer, pas plus qu’on n’a réussi jusqu’à aujourd’hui les ivrognes à se saouler, les SPCDD à se shooter et les fumeurs à fumer. On n’est pas dans le raisonnable parce que dans l’usage de la voiture il y a une dimension psychologique (le plaisir de la vitesse, la sensation de “liberté”) qu’on aura un mal fou à extirper du beauf marié à sa bagnole.

    Je suis prêt à parier que même à 10 € le litre, le “bagnolomane” continuera de rouler, quitte à manger des pâtes tous les jours pour économiser pour son carburant.

  • 3 borneo // 25 March 2008 à 9:17 am

    Je faisais écho à une déclaration du président de Ford qui avouait disposer de la technologie hybride diesel mais affirmait qu’il ne la mettrait pas en oeuvre puisque aussi bien la Mondeo répondait déjà aux normes (laxistes) européennes !

    Faisons donc confiance à nos constructeurs !

    Ce refus d’accepter que la pression politique exercée par les citoyens puisse être considérée comme un facteur économique légitime me navre.

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