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EUROPE et CIO : deux gouvernances indépendantes et qui doivent le rester

7 April 2008 · Pas de commentaire

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Face aux derniers évènements du Tibet qui ont déclenché une émotion certaine dans les opinions publiques européennes personne ne peut rester insensible. D’autant que ce dossier nous est relaté par les médias et les responsables politiques comme un abus de pouvoir violent principalement contre une population de moines, par définition pacifiste et contemplatrice. L’émotion en est d’autant plus forte…mais ce n’est qu’une émotion de nantis démocratiques.

Comment ne pas penser en effet, de façon plus raisonnée et argumentée, qu’une telle situation n’est que l’avatar d’une évolution historique entre un pays, la Chine, et une de ses provinces, le Tibet. Il s’agit donc d’une question intérieure chinoise dont les fondements ressortent du pouvoir chinois. L’ONU est d’ailleurs, depuis 1965, restée très discrète sur ce sujet de responsabilité chinoise.

Certes, la façon dont est traitée la « rébellion » tibétaine par le pouvoir central ne peut que choquer notre appréciation du respect des droits de l’Homme, d’autant que les torts sont, comme toujours, des deux côtés même si le rapport de forces est défavorable aux présumés pacifistes.

Mais alors comment peut-on expliquer le déchaînement occidental qui, au-delà des pratiques et outils diplomatiques habituels pour condamner et faire pression, propose le boycott d’un évènement mondial totalement étranger à « l’affaire », celui des jeux olympiques (JO). Quel lien existe-t-il entre un pouvoir international sportif qui décide et agit en toute légitimité et en toute indépendance (à défaut quelquefois de transparence) et des pouvoirs politiques qui ne doivent, sauf protection de leurs ressortissants ou atteinte à l’ordre public mondial, pas interférer. Si le CIO s’est trompé en accordant les JO à la Chine en….mai 2001 ! C’est à ce moment qu’il fallait éventuellement réagir si des problèmes de fond nous avaient légitimés pour le faire.

On notera d’ailleurs que notre quête permanente de redresser les torts des autres nous fait oublier dans le cas présent que le vénéré Dalaï Lama n’a d’autre ambition que de demander le respect de l’autonomie religieuse et culturelle historique du Tibet. C’est beaucoup, mais rien de plus.

Dans des cas comme celui-ci, la médiatisation est un bienfait. Elle est une pression qui favorise la transparence mondiale et la convergence des hommes, de pouvoir notamment, vers un humanisme universel. Tant mieux. Mais sa résonnance émotionnelle n’entraîne-t-elle pas un risque de confusion des pouvoirs (tout le monde se mêle de tout) très préjudiciable à une cohérence mondiale anti-conflictuelle ? Ne serait-il pas souhaitable que lorsqu’elle va décider de se prononcer sur ce dossier, l’Europe renvoie chacun à ses responsabilités d’une part en renforçant le sport olympique dans son rôle de rapprochement désintéressé des hommes, d’autre part en donnant à la diplomatie l’occasion d’innover pour construire les éléments de la future architecture mondiale.

Catégorie(s) : l'Europe dans le Monde

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